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Bulletin électronique mensuel de l'AQDR
numéro 24
novembre 2008 
 

LA VRAIE CRISE: C'EST LA FAIM!

Il arrive que :

Première semaine d'octobre dernier: dans un virage d'orientation politique à 180°, le tout puissant gouvernement des USA décide de sauver de la faillite les grandes banques : coût : 1000 milliards $US.
   

Deuxième semaine d'octobre: les gouvernements des Etats-Unis et de l'Europe renient le discours néo-libéral et décident de mettre en veilleuse les fonds nécessaires pour garantir les frais interbancaires : coût : 3000 milliards $US.
   
Le 14 octobre: au Canada, une élection fédérale inutile décidée par des gens inutiles donne des

 

résultats inutiles : coût pour les canadiens : 350 millions $$.
 
Troisième semaine d'octobre: un sommet de la francofolie (pardon : « francophonie ») réunit à

 

 

 

Québec les chefs d'états de 55 états francophones plus 13 états invités en compagnie d'une brochette de nombreux conseillers, ministres, gardes du corps, épouses. Ces dignitaires, dont plusieurs dictateurs et chefs d'états corrompus, sont protégés par le déploiement de mesures de sécurité exceptionnelles qui bouleversent le quotidien des citoyens de la Ville de Québec : coûts : 300 millions$$ et plus.

Pendant ce temps :

• 
Le 16 octobre, c'est la journée mondiale de l'alimentation. Une date qui coïncide avec
l'anniversaire de l'Organisation des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation, la FAO, fondée à Québec le 16 octobre 1945. C'est le moment de se rappeler que 923 à 925 millions de personnes souffrent de la faim dans le monde, soient 75 millions de plus qu'il y a un an.
• 
Le 15 octobre, lendemain matin du piètre résultat de l'élection fédérale avec un taux de
participation inférieur à 60%, des dizaines de milliers d'enfants de Montréal se sont rendus à l'école sans avoir déjeuné.
• 
On apprend que le prix des céréales et particulièrement du riz qui nourrissent la

moitié des habitants de la planète a augmenté de plus de 50%, et ce depuis moins d'un an, pas à cause des producteurs mais à cause de la seule spéculation et aussi parce qu'il y a les « affamés de profits ».

On apprend également qu'un seul des 12 milliards $US promis en juin dernier à Rome pour
contrer la malnutrition croissante a été dépensé et que le Programme alimentaire mondial doit se contenter de budgets les plus bas depuis les 40 dernières années.
On apprend également que l'Agence canadienne de développement international (ACDI) a déjà
réduit de moitié les sommes allouées aux projets agricoles depuis 15 ans, ce qui représente 4% de l'aide totale contre 18% auparavant.
• 
Les Sarkozy et Bush de ce monde conviennent d'un sommet international pour régler la crise
 

monétaire internationale et, comme l'a dit M. Bush, « sauver la libre entreprise »

On peut donc en conclure que la crise financière occulte la crise alimentaire et que nos chers politiciens prennent la décision de sauver les voyous qui s'en mettent plein les poches et, plutôt que de nourrir les affamés, nos sociétés mettent les priorités du côté des affamés du fric.

1000 milliards $$US pour le service de la guerre en Irak, 18 milliards $Can. pour l'intervention canadienne en Afghanistan.

ET…VOGUE LA GALÈRE !!

LE TUEUR DE SILENCE ! (suite et fin)

par Gilbo

Vous vous souvenez? Dans le numéro d'octobre de « La Force des Sages », l'auteur, Gilbo, racontait comment il avait fait tomber sous le charme d'une musique qui les transportait de joie et de plaisir, des personnes d'un CHSLD en lourde perte d'autonomie. Voici la suite de ce touchant récit.

Souvent, « au quatre », lorsque je connais une chanson par cœur, je laisse mon esprit vagabonder, le regard perdu à travers les grandes fenêtres qui donnent sur l'espace vert entre le CHSLD et le CH proprement dit. Je pense à plusieurs de ceux que j'ai vus partir, depuis plus de deux ans maintenant, à ceux que j'ai fait chanter la veille de leur décès, à ceux pour qui j'ai chanté au pied du lit, quelques instants avant leur entrée dans le silence permanent. Et je ne m'en attriste presque plus…À force de me faire dire que je leur ai fait mettre «  du bonheur » dans leur valise pour le grand voyage, j'ai fini par y croire…un peu!

Puis je me mets vite à penser à tous les autres, les vivants, les «  autonomes », les moins autonomes, « les poqués de la vie » qui connaissent mon petit concept et mes idées de tueur de silence. Et je pense à tout ce travail qu'il faudrait pour que tous les autres, ceux qui auraient besoin, reçoivent régulièrement la visite de quelqu'un à qui on aurait enseigné Musique du Mieux-Etre pour la diffuser partout, l'offrir à tous ceux à qui on permettrait ainsi de tuer le silence.

Je pense à Mme Potvin, membre d'un groupe de personnes très autonomes mais qui vivent un stress énorme du fait qu'elles ont des membres de leurs familles ou des amis atteints de maladie mentale. Mme Potvin, à chaque fois qu'elle arrive à sa rencontre de Musique du Mieux-Être, exprime ses émotions et démontre tout de l'attitude de la personne épuisée, déprimée, au bord de l'effondrement moral. Immanquablement, quand elle quitte, elle ne peut s'empêcher de venir me dire à quel point elle est « recrinquée » et comment elle aimerait que ce soit toutes les semaines au lieu d'une fois par quinzaine. «  Cette façon merveilleuse que tu as, dit-elle souvent, de briser le silence! On en prendrait bien toutes les semaines ! »

Quant à M. Duquet, membre du club de l'âge d'or d'une petite municipalité environnante, c'est un alcoolique réhabilité de belle façon mais qu'une peur morbide de la rechute retenait entre les quatre murs de sa magnifique résidence. C'est qu'en dépit de sa maladie, M. Duquet s'est bâti une certaine aisance financière durant sa vie professionnelle active. « Mais on a beau avoir la maison et la retraite qu'on souhaitait », me disait-il après sa participation à une première rencontre, «  entre quatre murs, le silence finit par devenir assourdissant ». Depuis qu'il a découvert que Musique du Mieux-Être se rend dans son village deux fois par mois, M. Duquet ne manque plus une rencontre. Il a vaincu ce silence auquel il s'astreignait!

Ce qu'il y a de plus emballant dans tout ça, c'est que la musique devient prétexte: prétexte à apprendre des choses, à bien dire les choses, à se remémorer des choses, à travailler sa mémoire à court terme ou à long terme, et tout cela ne peut se faire sans parler et donc, sans communiquer. La chanson  « Les fiancés du lac de Côme » est une bien belle chanson pour eux, mais vous devriez voir le plaisir qu'ils ont à découvrir que ce lac de Côme existe vraiment, où il est, ses dimensions et autres notions de géographie et d'histoire. Pendant deux heures, ils jonglent avec les mots, la grammaire, le vocabulaire, l'histoire, la géographie, les biographies…Ils apprennent, travaillent fort, en chanson, ce qui leur fait toujours dire : « Pas déjà? » et jamais «  Enfin » quand la soirée se termine.

Au début il a fallu élaborer le répertoire : il faut plus de 240 chansons différentes pour faire une année complète de Musique du Mieux-Être. Alors nous avons fait une première sélection et nous nous sommes promenés à travers la région pour la proposer aux gens. Il est ressorti de cette première tournée toutes sortes de découvertes sur ce qui arrive aux personnes âgées de ma région que j'appelle «  les gens du savoir ». Mais il en est aussi ressorti une anecdote que je continue de raconter à chaque démonstration depuis.

C'était un tout petit et très pittoresque village. J'avais fait une présentation, expliqué ce qu'était le concept, fait jouer les gens qui, très nombreux, avaient naturellement fait que la soirée s'était prolongée assez tard. J'étais en train de ramasser mes choses, quand une toute petite dame âgée, fragile, courbée par le temps, vint me toucher le bras pour attirer mon attention.

• 

Vous savez, me dit-elle, «  Le temps des cerises » que vous venez de chanter? Mon vieux ne la

  chantait pas, lui, il ne chantait pas: mais il me la jouait au violon, au violon il était bon!

Et nous voilà partis dans une longue conversation qui dura bien près d'une demi-heure. Puis soudain, regardant l'horloge au-dessus du comptoir, elle sursauta de voir qu'il était déjà presque minuit, s'excusa et vira les talons quittant les lieux d'un pas qu'elle voulait sans doute pressé. Elle n'avait pas sitôt franchi la porte que deux des organisatrices de la soirée s'avançaient à leur tour. L'une d'elle me dit, visiblement décontenancée :

-Vous savez, cette petite dame avec qui vous venez de jaser un long moment?

- Oui. Elle est gentille! Et alors?

Et sa compagne de reprendre :

•  Alors! Son mari est mort il y a bientôt six mois et depuis ce temps, il n'y

pas moyen de la faire sortir de son silence. Et vous, vous arrivez, elle ne vous a jamais vu et vous la faites jaser quasiment à perdre haleine…

J'aurais eu le goût de leur dire que ce n'était pas moi tout seul qui l'avait fait jaser mais, une chanson, ma guitare et moi. J'aurais eu le goût de leur dire que tous ceux qui sont isolés, écrasés par le silence, auraient sans doute une réaction semblable si Musique du Bien-Être pouvait les atteindre. J'aurais eu le goût de leur dire que toute personne aimant la musique tirerait d'énormes avantages de ce concept qu'elle soit ou non d'un âge avancé, vivant des conditions difficiles ou pas., de santé mentale ou physique, déficiente ou pas subissant des stress importants ou non, victimes d'abus ou de violence et combien d'autres encore? J'aurais eu le goût de leur dire la montagne de travail que j'aurais à faire, sans les revenus et autres formes d'aide nécessaire pour diffuser le concept, former des animateurs et animatrices, continuer de développer le répertoire et les formats d'utilisation des chansons…

J'aurais eu le goût de leur dire tout ça, mais elles venaient juste de me donner la plus belle récompense qu'on pouvait me donner: le plus émouvant témoignage que j'aurais osé espérer.

Alors mon père m'ayant appris, comme tous les pères du temps, «  qu'un homme ça ne pleure pas », je les ai remerciées, me suis retourné et j'ai continué de ramasser mes affaires, les yeux pleins d'eau…en silence !

UN COUP DE MÂITRE DE LA SECTION MONTRÉAL-NORD

La ligne 252 Navette OR – Montréal Nord, vous connaissez? Qu'y a-t-il de plus important pour des personnes vivant en résidence pour personnes âgées, d'avoir à leur porte un autobus qui leur est spécialement destiné?

Les résidents et résidentes de 9 résidences privées pour personnes âgées, de Montréal-Nord peuvent depuis le 3 septembre dernier, monter dans un autobus de la STM qui les conduira à des centres commerciaux, au CLSC, à la bibliothèque, à la piscine municipale, au Centre des loisirs de Montréal-Nord etc.. , sur un parcours de 12.5 kilomètres. Et ce, trois jours/semaine.

Les meilleures dispositions ont été prises pour faire connaître ce nouveau service à l'ensemble des personnes vivant en résidences sous forme de dépliants distribués dans les résidences, affiches installées dans les endroits stratégiques etc…

La section Montréal-Nord de l'AQDR est particulièrement fière de cette nouvelle, parce qu'elle est le résultat du travail acharné de la section et surtout du dévouement sans compter de son président Ronald St-Jean qui a tenu à ce projet et qui n'a pas cessé d'insister pour sa réalisation.

Ronald St-Jean, reconnu pour son travail constant pour le mieux-être des aînés, non seulement de son territoire de la section de l'AQDR de Montréal-Nord, mais pour celui de l'ensemble de la population vieillissante du Québec, était ravi de ce qu'on peut appeler une victoire de sa part compte tenu des efforts qu'il a personnellement déployés. Le président de la STM lui a rendu hommage pour le travail qu'il a effectué, à l'occasion de l'inauguration du service de cette nouvelle ligne 252. OR

Dans la ligne de pensée et avec les méthodes d'action de l'AQDR, Monsieur St-Jean ne s'était pas seulement contenté de demander à la STM d'instaurer ce service mais, il a fait la démonstration de sa nécessité.

Dans sa mission de défense des droits des aînés, l'AQDR, dans ses relations avec les autorités gouvernementales ou les services publics, ne se contente pas de demander ou de quémander des mesures pour la défense des droits ou l'amélioration des services aux personnes âgées, mais ses démarches prennent la forme de revendications ou d'exigences. C'est dans cet esprit que Ronald St-Jean, comme président de sa section de l'AQDR de Montréal-Nord, et aussi premier vice-président de l'AQDR nationale. a mis la pression pour obtenir ce service de la STM.

Ronald, en s'adressant aux utilisateurs éventuels de cette navette 252 OR , leur a demandé de faire la preuve à la STM, du besoin qu'ils ont fermement souligné, en utilisant cette navette pour démontrer qu'elle est valable, utile et nécessaire pour leurs déplacements.

Suite à cette belle initiative, l'AQDR a souhaité que dans l'ensemble des régions ou des territoires, le maximum de ses 45 sections prennent exemple de cette action concrète constituant un service inestimable pour le mieux-être des aînés en terme de service.

BRAVO! MONTRÉAL-NORD.

L'INTERNET: LE MEILLEUR AMI DES AÎNÉS!

Comment rester alerte? Comment améliorer nos fonctions cognitives? Comment maintenir notre matière grise en forme? Les mots croisés, le scrabble, les puzzles, les quizz, les sudokus etc.. Oui, c'est bien et à conseiller. Mais il y a mieux!

Des scientifiques de L'UCLA ( Université de Californie à Los Angeles ) ont trouvé mieux. Ils ont découvert, selon la revue scientifique American Journal of Geriatric Psychiatry, que les aînés qui faisaient régulièrement des recherches sur Internet stimulaient davantage certain centres clés du cerveau qui contrôlent le processus de décision et de raisonnement. Désormais il va donc falloir conseiller aux aînés le surf…sur la Toile.

Plus concrètement, les chercheurs estiment que ces observations montrent que les activités de recherches sur le web contribuent non seulement à stimuler les fonctions cérébrales mais à les améliorer.

Cette étude a porté sur 24 personnes âgées de 55 à 76 ans et on a formé deux groupes avec les mêmes âges, le même niveau de formation et de même sexe: une moitié était habituée à effectuer des recherches sur le net alors que l'autre moitié n'en faisait rien.

Ces personnes passaient un IRM ( imagerie par résonnance magnétique) en effectuant des lectures d'une part et en faisant des recherches sur le web dans un autre temps, alors que le scanner enregistrait les changements qui s'opéraient dans le cerveau. C'est ainsi qu'on a pu arriver à ces conclusions: les scientifiques ont noté une différence appréciable.

Le Dr Gary Small, principal auteur de cette étude, souligne que «  la découverte la plus frappante a été que la recherche en ligne engage davantage de circuits de neurones que la lecture . Et il ajoute : «  Une activité aussi simple que d'effectuer des recherches sur la Toile semble donc améliorer le fonctionnement du cerveau, ce qui prouve qu'on peut continuer à apprendre tout en vieillissant.

  Allons les aînés !! À vos ordinateurs !!

  Source : http://www.senioractu.com . 17/10/2008

SAVIEZ-VOUS QUE….

   

le candidat républicain à la présidence des USA, M. John McCain a dit que «  son parti

recommanderait que les retraites fédérales soient privatisées et placées en bourse. www.monde-diplomatique.fr/cederom/commande_gc
 
la ministre du patrimoine dans le gouvernement conservateur de M. Harper n'a pas voté pour son parti.
En effet, elle a voté dans le comté voisin de celui qu'elle représente comme député où il n'y avait pas de candidat conservateur. En tant que ministre, la Loi prévoit qu'elle aurait pu voter dans son propre comté, mais « elle ne le savait pas »
 
quand on ne sait pas où on va, tous les chemins mènent nulle part ( H. Kissinger)
 
depuis 25 ans des économistes, des politicologues et des observateurs ont répété : « Le marché
livré à lui même est un monstre et nous avons besoin des gouvernements pour civiliser ses comportements et protéger les citoyens ». Gil Courtemanche, Le Devor. r Huumm…qu'est-ce qui vient de se passer à Wall Street?
 
au sommet de la francophonie de Québec, le jour de l'arrivée des chefs d'état, à l'entrée surprotégée
de Place des Congrès, aucun des multiples gardiens de sécurité ne parlait français.
 
si vous faites de l'embonpoint et que vous avez un bon appétit qu'il vous est difficile de contrôler, des
recherches ont démontré que l'huile d'olive coupe l'appétit.
 
Selon un jugement que vient de rendre la Cour d'appel du Québec, 60 000 personnes de la région de
Chaudière-Appalaches qui ont résidé en CHSLD, ont droit à un remboursement des frais de lavage pour le temps qu'ils y ont résidé. Les héritiers des résidants décédés ont droit à ce remboursement.
 
UN PEU D'HUMOUR

QUAND SAGESSE ET JEUNESSE SE RENCONTRENT

Les relations intergénérationnelles doivent être encouragées. Les membres des générations ont beaucoup à s'apprendre l'un à l'autre. En voici un exemple éloquent :

Un jeune étudiant d'université qui entretient des préjugés à l'endroit des personnes âgées, assiste à un match de football avec ses chums.

Il entreprend d'expliquer à son voisin de siège, un homme d'un certain âge, pourquoi il est impossible aux vieux de comprendre la nouvelle génération.

D'une voix assez forte pour être bien entendu de ses copains d'alentour, il dit :

« Vous savez monsieur, vous avez grandi dans un monde différent que je qualifierais aujourd'hui de primitif » Sans s'arrêter, il poursuit :

« Les jeunes d'aujourd'hui ont grandi avec la télévision, les avions, les voyages dans l'espace, la marche sur la lune et nos vaisseaux spatiaux qui ont visité Mars. ». « Nous avons l'énergie nucléaire, l'électricité, les autos à l'hydrogène, les ordinateurs ultra-rapides, et…»

Il s'arrête pour prendre une longue gorgée de sa bière.

Profitant de l'occasion de l'arrêt de ses déblatérations, le vieux lui dit :

« Sais-tu? Tu as raison mon jeune! Quand nous étions jeunes, nous n'avions pas toutes ces choses que tu as mentionnées, c'est pourquoi nous avons dû les inventer. »

« Maintenant…toi et ta gang de chums, qu'allez-vous faire pour la génération qui va vous suivre? »

 
Rédaction:
Maurice Boucher  
Correction:
Dolorès Richard  
Conception:
Jean-Guy Racine