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Bulletin électronique mensuel de l'AQDR
numéro 22
septembre 2008 
 

LES «  BABY BOOMERS » DANS LA PENSÉE MAGIQUE?

Ils sont nombreux à se préparer à joindre les rangs des retraités, ils font des projets, ils rêvent de voyages, de golf, ils envient les «  snowbirds », mais il sont peu nombreux à planifier sérieusement cette retraite.

Selon Nathalie Madore, chef du service des statistiques et des sondages à la Régie des Rentes du Québec, les boomers versent dans l'optimisme lorsqu'il est question de leur avenir. En effet, plus de la moitié d'entre eux croient qu'ils seront en mesure de maintenir leur niveau de vie pendant la retraite, et par surcroît, ils prévoient cesser de travailler avant 60 ans. L'idée de planifier leur retraite ne les préoccupent pas vraiment: ils épargnent mais ne savent pas de combien ils auront besoin.

Ils font preuve de naïveté. Seulement le tiers des boomers québécois non retraités ont une idée approximative du montant dont ils disposeront à la retraite.

Les autres semblent inconscients que la retraite s'allonge par les deux bouts, qu'on cesse de travailler plus tôt, qu'on vit plus longtemps et que le temps de retraite pourrait dépasser dans certains cas le temps de vie active. D'autant plus, comme l'affirme Marguerite Pernice, directrice principale de la gestion personnalisée à la Banque nationale, ces boomers sous-estiment les conséquences d'une longue retraite.

« Après 64 ans », dit Monique Tremblay, adjointe au président de Sécurité financière chez Desjardins, « les frais de santé passent du simple au double. Et avec la pression sur le système de santé public, l'argent risque de plus en plus de sortir de leurs poches. Mais, ajoute-t-elle, les boomers ont de la difficulté à s'imaginer des pépins de santé. Ils mangent bien, ils bougent, ils sont en forme et ils croient que ce sera toujours comme ça. »

Les Boomers pèchent par excès de confiance. La bonne santé relative de l'économie au cours des dernières décennies les a immunisés contre le pessimisme.

« Sans paniquer » dit Mme Tremblay, « il faut être bien averti. Il faudra peut-être un événement malheureux pour que les gens comprennent. »

La cigale ayant chanté tout l'été, se trouva fort dépourvue quand la bise fut venue.

Nous verrons dans un prochain article que les jeunes ne font guère mieux que leurs aînés. Quand on est jeune, on est moins préoccupé par la retraite.

Source : Jean-Frédéric Légaré – Le Soleil 12 août 2008

CONFÉRENCE SUR LE DESIGN ET LE VIEILLISSEMENT
 
Qu'est-ce que le « design » peut bien avoir à faire avec le vieillissement?
Mais pourquoi donc allons- nous assimiler le « Design de Montréal » avec une
Conférence Mondiale sur le vieillissement?

Eh bien! Tout comme pour les activités quotidiennes, notre société n'est pas trop adaptée aux gauchers, aux mal entendants, aux non voyants même parfois aux handicapés et autres: il en est ainsi des personnes vieillissantes. Il y a lieu donc lieu de se demander s'il n'y aurait pas moyen de mieux l'adapter à leurs conditions pour améliorer leur qualité de vie.

C'est ainsi que la « Conférence Mondiale sur le Vieillissement (FIV) » et « Vieillissement Design Montréal » ont décidé de s'allier pour la tenue de La 9 ième Conférence mondiale de la FIV à Montréal du 4 au 7 septembre 2008 à Montréal .

Un tel événement a l'air loin de nous et de nos préoccupations immédiates mais quand on y regarde de plus près, c'est d'une grande importance pour la qualité de vie des aînés. On assistera à une circonstance unique: le seul événement mondial dédié au design pour une société dont la population vieillit.

Le choix de Montréal et par conséquent du Québec, n'est pas insignifiant. Rappelons que la population du Québec est celle qui vieillit le plus rapidement du monde, tout de suite après le Japon. Selon M. Claude Béland, président du conseil Vieillissement Design Montréal et co-président de la conférence: «  Montréal fut nommée récemment l'une des trois Villes UNESCO de design: elle est une métropole dynamique qui fait une place de choix aux enjeux de développement urbain et social pour les personnes âgées ».,

Madame Irene Hoskins, présidente de la FIV, élue en 2006, qui porte le flambeau des enjeux du vieillissement sur la scène internationale depuis le début des années 80, co-présidera la conférence. Elle a travaillé au programme Vieillissement et durée de vie en bonne santé à l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) et elle a porté une attention particulière aux enjeux du vieillissement chez les femmes.

Le dernier événement de la FIV à Montréal était en 1999, année internationale des personnes âgées, alors que la Déclaration de Montréal sur les personnes âgées fut adoptée. Mme Hoskins s'est réjouie d'être de retour à Montréal, « une ville qui a beaucoup apporté sur les enjeux du vieillissement au cours des années » a-t-elle dit.

Il faut rappeler que pour les personnes âgées, le design devient un outil facilitateur dans la vie de tous les jours: meubles, ustensiles, maisons, matériel de soutien; toutes ces choses et bien d'autres doivent s'adapter aux défis de la vieillesse.

La Fédération internationale du vieillissement (FIV) est une organisation non gouvernementale qui représente 45 millions de personnes âgées dans 62 pays à travers ses ONG membres, des organismes publics et communautaires, de même que des sociétés privées.

L'AQDR sera présente à cette conférence avec l'intention d'en retirer des idées et connaissances à mettre au service des aînés du Québec.

Je vous présente : « LE TUEUR DE SILENCE »

S'il n'était pas mon neveu, je dirais qu'il est bourré de talents (oui! avec un « s ») mais c'est un peu gênant. Il s'appelle Gilles. Ayant vécu éloignés l'un de l'autre, je le connais peu, mais il m'a toujours impressionné  et voici ce que j'ai appris sur lui :

•  journaliste que les grands quotidiens des grandes villes se seraient arrachés s'ils l'avaient connu vraiment au meilleur de son temps.

•  morning man d'une radio locale qui aurait facilement déclassé les Paul Arcand, Gilles Proulx, Garaud et autres de ce monde des grands réseaux.

•  communicateur hors pair, as du marketing.

•  professeur de Cegep, éternel étudiant,

•  boulimique de lecture, rat de bibliothèque, scribe, nouvelliste, auteur, et j'en passe.

Un peu intraverti professionnellement, timide, effacé, dans l'ombre, mais plutôt extraverti socialement. Aujourd'hui, à l'approche de la soixantaine, les proches observateurs témoigneraient qu'il a passé sa vie à aimer ses enfants et ses neuf petits enfants, à prendre une bière avec ses amis et les membres de sa famille, à rire et à faire rire à n'en plus finir, histoire de se mettre à leur diapason. Comme bon vivant, il est difficile de faire mieux, à un point tel que lorsqu'il est sérieux, ce dont il est parfaitement capable, on l'écoute avec une attention particulière.

Il a en plus, un talent caché qu'il maîtrise très bien: la musique. Un guitariste-chanteur des plus belles chansons des meilleurs artistes québécois et français, engagés et autres, chansons que nous fredonnons tous et qui viennent chercher les gens de notre génération: GillesVigneault, Félix Leclerc, Robert Charlebois, Richard Desjardins, Claude Dubois, Michel Rivard, Jacques Brel,… nommez-les.

Sa défunte mère nous disait que le rêve de Gilles a longtemps été de faire de la musique et ne faire que ça. Voilà pourquoi il a passé une multitude de samedis soirs avec un petit orchestre composé de ses amis, dont il était le boute-en-train, à divertir et faire danser les loups garous , que ce soit autour du feu ou dans le salon. avec sa guitare, qui l'accompagne toujours.

Eh bien! vous saurez que Gilles qui vient de se rendre compte, après un accident cardio-vasculaire, qu'il vieillit, ce à quoi il ne s'attendait pas, s'est lancé dans une aventure merveilleuse: la musicothérapie.

Il a conçu un programme à l'intention des personnes âgées qui vivent en situation d'hébergement, soit en CHSLD ou en résidences privées avec services pour personnes âgées. Cela s'appelle : «  Musique du mieux-être », un travail minutieusement mis au point, peu coûteux et qui apporte un baume des plus délicieux dans la vie des personnes âgées vivant en hébergement. Le projet de financement qu'il a présenté à la ministre des aînés pour réaliser ce programme sur un plan régional a malheureusement été refusé. Cherchez l'erreur!

Je me rends compte que je n'aurai ni le temps, ni l'espace pour vous «saisir» de ce texte « LE TUEUR DU SILENCE » que Gilles a écrit sur le coin de la table un dimanche matin de nostalgie. Imaginez ces personnes âgées, seules, avec le souvenir des plus beaux airs qui ont meublé leurs bons temps, vivant en hébergement où, comme le disait Vigneault, «  le désennui, c'est de s'ennuyer ».

Ne manquez donc pas le prochain numéro de La Force des Sages, dans lequel vous retrouverez cette émouvante histoire du « TUEUR DU SILENCE ». C'est un rendez-vous!

N.B. Gilles est membre du conseil d'administration de la section AQDR – MRC Abitibi.

il est aussi membre du comité des communications de l'AQDR Nationale

COMME PAR HASARD !

Le Dr Philippe Couillard qui a démissionné comme ministre de la Santé et des Services sociaux et comme député libéral du comté de Jean-Talon il y a moins de 2 mois, a annoncé le 18 août qu'il se joignait au premier fonds d'investissement privé en santé au Canada, le groupe PCP.

Comme par hasard, le même jour, les «Médecins québécois pour le régime public» (MQRP), un regroupement d'une trentaine de médecins québécois, rendait publique la Déclaration de Montréal, un appui au maintien et à l'amélioration du système de santé public.

Quand, il a démissionné il y a deux mois, le ministre Couillard allait «  relever de nouveaux défis » disait-il, mais, comme par hasard, être plus près de la santé que Groupe Santé Médicys, dont PCP est une filiale, c'est difficile. Le défi est nouveau mais le secteur d'activité est le même, sauf qu'il est privé au lieu de public.

Lorsqu'il a annoncé son association à PCP le 18 août, les québécois qui ne sont pas dupes, ont tous compris que n'eussent été des scrupules qu'auraient soulevés un tel virage à 180 degrés, du public au privé, il aurait pu le faire en même temps que sa démission, moins de 2 mois plus tôt. Comme par hasard, il s'est avéré que le fonds d'investissement Persistence Capital Partners (PCP) s'est soudainement mis à la recherche d'un associé.

Rappelons que le ministre Couillard avait cette habilité d'affirmer fréquemment sa foi au système de santé gratuit et universel, tout en donnant son accord à des cliniques privées et favorisant le partenariat public-privé pour la construction des grands hôpitaux de Montréal et en donnant en 2006,le feu vert à l'assurance privée en santé.

Philippe Couillard, le citoyen, est un homme libre. Personne n'est justifié d'intervenir dans les orientations de sa carrière. Il est aussi intègre et il possède une solide réputation d'honnêteté et il mérite beaucoup d'admiration pour le travail colossal qu'il a accompli durant 5 ans à la direction de ce ministère fossoyeur de politiciens. Qu'il ait quitté son poste pour se joindre à une entreprise privée est tout à fait dans l'ordre: tous les politiciens le font. Ce Dr Couillard, pour assumer ces lourdes responsabilités, on le sait, renonçait à un revenu beaucoup plus élevé dans l'exercice de sa profession de neurologue: on ne va pas lui reprocher de penser à lui.

Mais, il ne devrait pas se surprendre de la controverse qu'il soulevée face aux contraintes qui lui sont imposées par l'esprit et la lettre des règles et directives de la Loi québécoise sur la transparence et l'éthique en matière de lobbyisme et de prévention des conflits d'intérêts. La directive stipule notamment «  qu'une personne qui a cessé d'exercer une fonction pour l'État, ne doit divulguer une information confidentielle dont elle a pris connaissance dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions ».

Monsieur Couillard, interrogé sur la question a répondu : « Rien ne m'interdit de mettre mes connaissances au service de mes partenaires qui, eux, pourraient en toute légalité agir comme lobbyistes auprès de mon ancien ministère » . Et il a ajouté : C'est vrai que je connais sans doute la législation et les projets gouvernementaux plus que le commun des mortels. Je les ai fait adopter. »

En effet, il a fait adopter la Loi 33 qui prévoyait entre autres, l'adoption de deux décrets: le premier prévoyait une cinquantaine de traitements médicaux et de chirurgies que les cliniques privées seraient autorisées à effectuer (adopté

le 18 juin). Le deuxième réduisait de moitié les frais de permis pour établir de telles cliniques (adopté le 25 juin) comme par hasard, le même jour que la démission du ministre Couillard.

Justement, le groupe des cliniques privées Médisys, soient les centres médicaux spécialisés prévus par la Loi 33, dont PCP qui en est le propriétaire, dont le nouvel associé est Philippe Couillard, se réjouit de ces deux décrets.

Comme par hasard, le Dr Couillard, alors ministre de la SSS, participait aux deux réunions du cabinet où furent adoptés ces décrets, y compris celui du 25 juin, jour même de sa démission.

Parfois la ligne est mince, très mince. Il ne fera pas de lobbyisme, mais il peut informer ses partenaires sur les façons de le faire. Hmmm! Il est de ces coïncidences ou de ces hasards qui font bien les choses, pourvu qu'on leur aide un peu. La privatisation et un système de santé à deux vitesses cela viendra peut-être «  comme par hasard ! »

Et la crise de confiance envers la classe politique?

UN PEU D'HUMOUR

Il Y A DES ÉLECTIONS DANS L'AIR !

Comme à chaque fois, on va en entendre de toutes les sortes, des vertes et des pas mûres. Attention aux promesses: il faudra lire entre les lignes et parfois, à l'envers des lignes d'où sortent souvent la vérité. Voici un exemple :

Dans notre parti, nous accomplissons ce que nous promettons

Seuls les imbéciles peuvent croire que

nous ne lutterons pas contre la corruption

Parce qu'il y a quelque chose de certain pour nous :

honnêteté et transparence sont fondamentales pour atteindre nos idéaux

Nous démontrerons que c'est une grande stupidité de croire que

les mafias continueront de faire partie du gouvernement comme par le passé

Nous assurons sans l'ombre d'un doute, que

la justice sociale sera le but principal de notre mandat

Malgré cela, il y a encore des gens stupides qui s'imaginent que

l'on puisse continuer à gouverner avec les ruses de la vieille politique

Quand nous assumerons le pouvoir, nous ferons tout pour que

soit mis fin aux situations privilégiées et au trafic d'influences

nous ne permettrons d'aucune façon que

nos enfants meurent de faim

nous accomplirons nos desseins même si

les réserves économiques se vident complètement et

nous exercerons le pouvoir jusqu'à ce que

vous aurez compris qu'à partir de maintenant

nous sommes « la nouvelle politique ».

Maintenant, lisez les lignes de haut en bas, c.a.d. à l'envers, en commençant par la dernière ligne (d'où certains mots adaptés pour la lecture à l'envers).

Ensuite, vous irez voter.

 
Rédaction:
Maurice Boucher  
Correction:
Dolorès Richard  
Conception:
Jean-Guy Racine