La Force des sages  Liste des sections
 Journaux des sections
 www.aqdr.org
Bulletin électronique mensuel de l'AQDR
numéro 20
juillet 2008 
 

SOMMES-NOUS INONDÉS DE TROP D'INFORMATIONS?

Seulement au cours des 2 ou 3 dernières semaines du mois de mai dernier, pour celles et ceux qui suivent et s'intéressent le moindrement à l'actualité politique, sociale, économique et culturelle, nous étions portés à dire aux médias de l'information : « N'en mettez plus, la cour est pleine! »

Revoyons la liste, elle en vaut le coup : - le rapport Bouchard-Taylor – L'affaire Maxime Bernier-Julie Couillard - la déconfiture de l'ADQ - le congédiement de Bruno Fortier de la délégation du Québec à New York - Les négociations du maire Labaume avec ses policiers et pompiers - La présence remarquée de la représentante de la Reine, Michaelle Jean, au lancement en France des Fêtes du 400 ième de Québec et l'absence de M. Charest - la confrontation Hilary Clinton-Barak Obama - les éliminatoires du hockey - la montée du coût de l'essence - et j'en passe et des meilleures. Comment suivre tout çà? Comment se faire une idée, une opinion, pour être en mesure d'exercer notre citoyenneté, en dépit des bienfaits de la retraite? Les personnes retraitées disposent peut-être de plus de temps pour s'y intéresser, mais, elles prétendent en manquer. Particulièrement les hommes qui se disent plus occupés depuis qu'ils sont à la retraite, ce qui est parfois à mettre en doute. Mais, se pourrait-il qu'à la retraite, la liberté et la farniente entraînent une certaine dose de paresse intellectuelle.? Non! Ce phénomène de désintéressement de l'actualité sociale, politique, économique et culturelle, en plus de répondre au besoin des retraités «  d'avoir la paix », se retrouve autant dans les milieux d'âges moins avancés. Pour demeurer bien informé, il faut parcourir les médias: bulletins de nouvelles de la TV, Cyberpresse de l'ordinateur et surtout mettre le temps de lire les journaux. Mais, autant l'admettre, nous sommes tous un tant soit peu paresseux à cet égard. On feuillette, on lit les titres, on passe vite ou on zappe. Un exemple souvent rencontré : «  As-tu lu dans la Presse d'hier, l'article sur les régimes de retraite? Réponse : «Ah oui! J'ai vu qu'il en était question, mais je n'ai pas lu l'article. » Réplique : « Ils en ont parlé aussi au Téléjournal hier soir ». Réponse : « Je n'écoute jamais les nouvelles, j'aime mieux un bon film » C'est la paresse intellectuelle, qui a gagné.

N'empêche que comme citoyen responsable, électeur, payeur de taxes et membre à part entière de cette société, l'exercice de notre citoyenneté devrait nous inciter à un suivi minimal de l'actualité politique, sociale et culturelle. Peut-être que si nous étions mieux informés, cela pourrait nous aider à s'en faire passer un peu moins par nos politiciens qui profitent largement de notre indifférence. Aussi, à celui ou celle qui dit : « Moi, je ne m'occupe pas de politique! » nous devrions répondre : « Ne te déranges pas, la politique va s'occuper de toi! »

 

LA LUTTE DES FEMMES: PLUS «DURE» QU'ON LE PENSE!

Les hommes ont peut-être oublié, mais les femmes se souviennent.

Les femmes du Québec, autour du 8 mars de chaque année, se souviennent de la lutte, ou plutôt, des luttes qu'elles et les féministes avant elles ont livrées.

Pensons à la Loi 16 en 1964, plusieurs d'entre nous étaient là. Vous vous souvenez? Peut-être pas. Eh bien! Tenez-vous bien!

Le mariage : la mort légale des femmes. C'est Marie-Gérin Lajoie mère qui l'a dit. Avant cette Loi 16 de 1964, soit 44 ans, dans l'Histoire, le temps d'un clin d'œil. Essayons d'imaginer : Le mariage c'était l'incapacité générale : pas le droit de contracter, d'intenter une action en justice, de se défendre en justice, d'être tutrice, d'être curatrice. Pas le droit de voter, de se présenter aux élections, d'être magistrat, d'aller à l'université.

Les femmes qui voulaient étudier devaient aller dans les universités aux Etats-Unis et il fallait faire partie d'une famille riche.

De plus, la femme n'avait pas le droit de recevoir un salaire en son nom, pas le droit de porter son propre nom, pas le droit d'hériter de son mari mort sans testament.

En résumé, la femme qui se mariait perdait toute autonomie sociale, juridique et économique et elle avait le même statut que les mineurs et les fous. Tous les droits qu'elle pouvait exercer quand elle était célibataire, lui étaient enlevés par le mariage.

En voulez-vous d'autres? Elle devait être entièrement soumise à son mari qui, en échange, lui devait protection. Elle devait accepter le domicile de son mari, d'où l'expression : «  qui prend mari, prend pays ». Elle pouvait demander la séparation pour adultère uniquement si la concubine de son mari demeurait au domicile des époux! Authentique! Mais le mari, lui avait le droit et même le devoir de se séparer de sa femme si elle le trompait.

La femme n'avait pas le droit de recevoir
un salaire en son nom, pas le droit de porter
son propre nom, pas le droit d'hériter de
son mari mort sans testament

La femme était responsable des dettes et des condamnations pécuniaires de son mari, alors que le mari ne l'était pas pour sa femme. En fait, la femme n'avait que le droit de faire un testament pourvu qu'il soit en faveur de son mari. Elle pouvait voter aux élections municipales si elle était propriétaire.

Ce n'est qu'à partir de 1931 que les femmes commencent à obtenir de légères améliorations à leur statut juridique. Elle peut constituer un patrimoine à partir des fruits de son travail et elle peut disposer de ses biens sans l'autorisation de son mari si elle est mariée en séparation de bien.

À partir de 1951, la femme peut exercer ses droits civils sous son propre nom. Et à partir de 1955, elle peut demander la séparation pour adultère sans endurer la maîtresse de son mari sous son propre toit.

Alors que les caisses populaires, à 75% sont nées sous la conduite des femmes, une femme ne pouvait rester gérante qu'avec l'autorisation de son mari. Aujourd'hui, pour la première fois dans l'histoire des institutions financières, une femme, Monique Leroux vient d'être élue à la tête de Desjardins.

La lutte menée par Claire Kirkland Casgrain, la seule femme élue, a fait passer cette Loi 16 qui a modifié en profondeur le Code civil mettant fin à l'incapacité juridique des femmes au Québec. Une grande victoire depuis celle du droit de vote en 1940, après 50 ans de luttes acharnées.

Après toutes ces luttes, sont venues celles pour le salaire égal à travail égal, l'équité salariale. Et pour ceux qui pensent que c'est terminé, disons qu'aujourd'hui, les femmes non syndiquées gagnent 30% de moins que les hommes. Ce n'est donc pas fini parce que plus on s'approche du pouvoir, moins il y a de femmes.

Note : La Loi modifiant la Charte québécoise des droits pour reconnaître l'égalité des hommes et des femmes a été adoptée le 10 juin dernier à l'unanimité.

EN S'UNISSANT, ON PEUT  EMPÊCHER

LA FERMETURE DE CHSLD

Par Jacques Fournier, section de St-Michel

Environ 200 personnes ont participé au forum organisé par la Coalition Solidarité Santé, samedi, le 15 mars dernier au Cégep Maisonneuve à Montréal, sur les solutions publiques dans le secteur de la santé et des services sociaux. La Coalition Solidarité Santé regroupe une quarantaine d'organisations : centrales syndicales, associations d'aînés, d'usagers, de femmes, groupes communautaires etc.. L'AQDR en est membre depuis la fondation en 1992.

La table ronde initiale donnait la parole à l'économiste François Béland. Il a démontré, de façon claire et rigoureuse, comment nous pouvons avoir une lecture différente de celle que l'État québécois consacre à la santé. Pour y arriver, il utilise un dénominateur beaucoup plus pertinent des dépenses de l'État que celui qu'utilisent tous les « experts » qui eux, manipulent les chiffres pour en donner une image catastrophique de la situation. De fait, le gouvernement québécois consacre seulement 30%, et non pas 43% de ces fonds à la mission de la santé. Un bel exemple de « déconstruction » du discours de certaines élites allergiques au rôle de l'État.

Six ateliers substantiels ont suivi. Dans l'atelier sur l'hébergement des personnes âgées, auquel j'ai participé, j'ai été touché par le témoignage de Denis Tremblay, président du Syndicat du CSSS Jeanne-Mance de Montréal. Il a expliqué comment a été annoncé de façon brutale, la fermeture du CHSLD Jacques Viger. Une mobilisation importante est en cours pour contrer ce projet qui bouscule les bénéficiaires et le personnel, tout en pourrissant le climat de travail. Le PDG de l'Agence de Montréal, David Levine, joue un rôle délicat dans ce dossier et malgré ses discours sur l'importance de l'humain, il ne fait montre, dans les faits, de guère plus de conscience sociale que les PDG des multinationales qui délocalisent des usines ailleurs dans le monde.

Dans ce même atelier, il était impressionnant d'entendre le récit, par le président du Syndicat du CSSS Richelieu-Yamaska (région très élargie de St-Hyacinthe), de la mobilisation qui a empêché la direction de réaliser son projet inapproprié de fermeture du CHSLD André-Perreault. La campagne citoyenne a été exemplaire : travail médiatique, pétition impressionnante, manifestation très réussie, appui des élites locales, etc.. Cet exemple prouve que la volonté populaire bien organisée peut contrer le sentiment de toute-puissance des technocrates.

La plénière finale a élaboré des pistes d'action, entre autres : mettre de l'avant l'importance d'une fiscalité réellement redistributive (l'impôt), garant de solidarité et d'équité sociale et encourager la gestion participative qui permettrait au personnel de s'impliquer davantage dans les solutions, par exemple, pour diminuer les listes d'attente.

 

L'ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ANNUELLE DE L'AQDR

Des défis importants, des orientations précises, un avenir prometteur

Les 3 et 4 juin à Shawinigan, c'est sous le signe de la détermination, du regroupement des forces, de la solidarité et de l'enthousiasme que s'est déroulée l'Assemblée générale annuelle de l'AQDR.

Cette assemblée a été marquée par la prise en charge de trois importants projets à réaliser au cours des 2 et 3 ans à venir :

1 – Les abus faits aux aînés : Un contrat signé conjointement par le RQCAA, (Regroupement québécois contre les abus faits aux aînés) et l'AQDR avec le ministère de la Famille et des Aînés, à être réalisé sur 3 ans. Les sections de l'AQDR seront invitées à y participer activement.

2 - Une entente pour combattre la fraude chez les aînés : Une entente a été conclue avec l'Autorité des Marchés Financiers pour la réalisation d'un projet pour enrayer la fraude chez les aînés. Cette action sera menée avec quelques sections qui sont déjà engagées dans un tel projet

3 – Un vaste programme de formation sur la gouvernance : L'ensemble des administrateurs des sections recevront cette formation sur la gouvernance, un projet financé par le SACAIS.

Une journée précédant l'assemblée générale annuelle a porté exclusivement sur les orientations. Les quelques 100 délégués ont échangé, en ateliers, sur 2 questions : les orientations de l'AQDR pour 2008-2009 et la teneur de la prochaine Assemblée des Présidents. Les orientations contiennent l'implication des sections dans les 3 projets ci-dessus mentionnés, la problématique des regroupements de sections, la délimitation des territoires, la visibilité de l'AQDR par un plan de communication, l'assurance multi-risques des sections avec La Capitale et enfin, le format renouvelé de l'Assemblée des Présidents..

Quant à l'Assemblée générale annuelle, après les remerciements et les vœux de prompt rétablissement adressés au président démissionnaire Norbert Rodrigue, elle a donné lieu à d'intéressants débats suites aux rapports des administrateurs responsables, habilement présidés par M. Benoît Laprise, de la section de St-Félicien, que l'assemblée a désigné dès son ouverture.

Les administratrices et les administrateurs sortants ont été réélus sans opposition. Le conseil d'administration élu n'a malheureusement pu arrêter son choix sur un président, laissant temporairement la tâche au 1 er vice président, Maurice Boucher.

Un hommage particulier a été rendu à Thérèse Senécal qui n'a pas renouvelé son mandat de secrétaire pour se consacrer à une autre occupation de son choix. La Force des Sages se joint à l'ensemble des bénévoles de l'AQDR pour la remercier sincèrement pour l'excellent travail accompli et lui souhaiter la meilleure chance dans ses nouvelles activités. Elle a été remplacée par Dolorès Richard de la section l'Assomption, déjà au conseil d'administration.

L'année 2008-2009 s'annonce donc très exigeante et remplie de travail pour l'ensemble des bénévoles tant des sections que du conseil d'administration. Si on s'en tient au dynamisme manifesté par les responsables présents à cette réunion annuelle, le sort des aînés dans l'ensemble des régions est entre bonnes mains grâce au dévouement des bénévoles de l'AQDR.

 

SAVIEZ-VOUS QUE..?

.. au cours des derniers mois, dans les pays les plus pauvres où 75% du revenu est alloué à l'alimentation, le riz, l'aliment de base, a augmenté de façon catastrophique pour les populations de ces pays : Cameroun : 39%, Mauritanie : 42%, Sénégal : 46%, Centrafrique : 50% et jusqu'à 300% au Sierra Leone

..la sieste de l'après-midi n'est pas mauvaise pour celles et ceux qui souffrent d'insomnie, mais elle ne devrait pas durer plus de 30 à 45 minutes. Si on dort 3 heures après le repas du midi, il sera difficile de dormir 7 à 8 heures la nuit suivante.

..Germaine Biron, la mère de Jacques Parizeau était une féministe. Lors de son mariage à l'église, en 1928, elle a refusé de prononcer la phrase qui jurait obéissance au mari! Cette lutte des femmes date de loin.

.. aux Etats-Unis, tenez-vous bien! 12 millions de ménages possèdent une maison dont la valeur marchande est de beaucoup inférieure à l'hypothèque qu'ils doivent, et le prix des maisons étant à la baisse, cet écart s'élargit de jour en jour.

.. il faut croire aux miracles! Ou, à tout le moins, aux mystères! . Lundi, le 9 juin, dans son bureau, un savant comptable de la compagnie Ultramar, ordinateur et calculatrice en main , a fait un savant calcul qui a conduit toutes les stations d'essence de sa compagnie dans la région de Québec à hausser le prix du litre à 1.474$ par un geste magique, à exactement 16h59. Eh bien! sachez qu'au même moment , à la même minute les savants comptables des compagnie Esso, Irving, Shell, Petro-Canada et d'autres, ont fait les mêmes savants calculs et sont arrivés à la même heure , au même prix , fraction de sous compris. Peut-on trouver un tel miracle? Cherchons le mystère parce que, croyez-le ou non, ces entreprises n'ont pas contrevenu à la Loi sur les monopoles! Qui est le plus fort? Les pétrolières ou la Loi?

 

UN PEU D'HUMOUR

Mark Twain est né en 1835 et décédé en 1910. Écrivain et humoriste, c'est la finesse et l'humour qui caractérisent ses ouvrages. Il a fait tous les métiers : pilote sur le Missisipi, typographe, journaliste.

Voici quelques unes de ses citations :

•  Je n'aime pas l'idée de choisir entre le ciel et l'enfer : j'ai des amis dans les deux endroits.

•  Quand je mourrai, je choisirai le paradis pour le climat, et l'enfer pour la bonne compagnie.

•  Les gens de gauche inventent sans cesse de nouvelles idées, mais quand elles sont usées, les gens de droite les adoptent.

•  Si on pouvait croiser l'homme et le chat, ça améliorerait probablement l'homme, mais sûrement pas le chat.

•  Quelle est la différence entre un taxidermiste et un percepteur d'impôt? Le taxidermiste ne prend que la peau.

•  Il y a 3 choses que la femme est capable de réaliser avec rien : un chapeau, une salade et une scène de ménage.

•  Consommée avec modération, l'eau ne peut sûrement pas faire de mal.

•  L'épargne est une magnifique réalité, surtout quand nos parents l'ont pratiquée.

•  Un banquier, c'est quelqu'un qui vous prête un parapluie par beau temps et qui le reprend lorsqu'il commence à pleuvoir.

 

 
Rédaction:
Maurice Boucher  
Correction:
Dolorès Richard  
Conception:
Jean-Guy Racine