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Bulletin électronique mensuel de l'AQDR
numéro 19
juin 2008 
 

LE CERTIFICAT DE CONFORMITÉ DANS LES RÉSIDENCES PRIVÉES AVEC SERVICES POUR PERSONNES ÂGÉES

Doit-on y croire?

Avons nous été bernés? La population, les résidences, les résidents et résidentes, les personnes âgées en général manquent-elles d'information?

Cette impression de l'obligation pour les résidences privées avec services pour personnes âgées, de posséder un certificat de conformité pour opérer est-elle sérieuse?

Manquons-nous de personnel pour vérifier dans les 2 300 résidences si elles rencontrent les critères nécessaires à l'émission d'un tel certificat? La Société d'agrément du Québec est-elle équipée pour faire ce travail?

Sur 2 300 résidences à certifier, 52 l'ont été depuis février 2007
les autres devraient l'être d'ici février 2009,
date annoncée parle MSSS pour la fin de l'opération

Voilà autant de questions que posait Brigitte Breton dans un éditorial du journal LE SOLEIL le 28 avril dernier. C'est en 2005,après plusieurs années de pressions de tous les groupes, dont l'AQDR que le gouvernement a décidé d'obliger toutes les résidences à détenir ces certificats de conformité en modifiant la version première du projet de Loi 83 qui ne contenait au départ que des mécanismes d'incitation aux résidences pour améliorer la qualité des services qu'elles offraient.

Ce n'est qu'en 2007 que le processus s'est enclenché, après que les 26 critères socio-sanitaires, que les résidences devront rencontrer, ont été mis au point. Le ministre de la Santé et des Services sociaux avait alors annoncé que la certification des quelques 2300 résidences serait complétée en février 2009.

À la mi-mai 2008, seulement 52 résidences étaient certifiées, 122 en attente de l'être et 665 en avaient fait la demande. À ce rythme, il y a lieu de se demander s'il ne s'agirait pas plutôt de 2019. D'autre part, le ministère aurait conclu une entente avec la FADOQ pour qu'avec sa démarche de Roses d'Or, elle prenne en charge les résidences de 9 places et moins qui constituent plus de 50% des résidences.

Qu'arrivera-t-il? Que fera-t-on des résidences qui ne se qualifieront pas? Ou plutôt que fera-t-on des résidents concernés? Autant d'autres questions qui font qu'il y a là une histoire à suivre. « La Force de l'Âge » est aux aguets. Si des résidents membres de l'AQDR savent où ils en sont chez-eux, nous serions heureux d'avoir des nouvelles.

Pendant ce temps, le programme de mise sur pied de comités de milieu de vie se poursuit et de plus en plus de résidents et résidentes se montrent intéressés. L'AQDR mise beaucoup plus sur une telle démarche pour assurer une meilleure qualité de vie à ces personnes qui vivent en hébergement.

IL Y A UNE FAÇON DE SOIGNER
LES
PERSONNES ÂGÉES ...

Les patients âgés hospitalisés reçoivent des soins similaires à ceux offerts au reste de la population, et pourtant, il devrait en être autrement. C'est ce que révèle une récente étude dont les résultats ont été communiqués au colloque : «  Un hôpital accueillant pour les personnes âgées »

Selon les Dres Marie-Jeanne Kergoat et Judith Latour, auteures de l'étude, «  On met encore toutes nos énergies à soigner la maladie, l'organe pris en faute, mais on oublie souvent la personne au passage » La Dre Kergoat dirige le département de médecine spécialisée de l'Institut universitaire de gériatrie de Montréal et elle affirme que de confiner une personne âgée à son lit, équivaut souvent à faire en sorte que son autonomie se réduise comme peau de chagrin. «  Et il suffit de peu de temps pour qu'un déclin fonctionnel fasse son nid » confirme la gériatre.

Madame Kergoat prétend que : « un séjour de 48 heures à l'urgence peut suffire pour que des acquis disparaissent pour longtemps, sinon pour de bon. Mettez une sonde à un patient âgé, ajoiute-t-elle, et l'incontinence s'installe rapidement »

Le Québec n'est pourtant pas dépourvu de ressources pour prévenir de telles pertes. Il compte déjà sur un réseau de 71 unités de courte durée gériatrique (UCDG) et dont le mandat est justement d'accueillir cette clientèle vulnérable. Le problème, c'est que les ressources ne sont pas réparties équitablement dans ces unités, a expliqué la Dre Kergoat.

Comme partout ailleurs dans l'hôpital, l'approche médicale reste, elle aussi, centrée sur la maladie, au détriment du maintien des capacités fonctionnelles. Cette lacune, selon la Dre Dergoat, se traduit dans des dossiers médicaux.

« Pour ce qui est des informations traditionnelles tout va très bien, mais lorsqu'il s'agit de données touchant l'autonomie de la personne, c'est beaucoup moins bien » dit Mme Kergoat, « nous pensons qu'un résumé médical mieux adapté permettrait de corriger bien des lacunes. »

La transmission des résultats de cette étude a permis de constater que les gens s'intéressent à la question mais qu'ils manquent d'outils. C'est la raison pour laquelle les Dres Kergoat et Latour ont entrepris, avec la collaboration de l'Institut universitaire de gériatrie de Sherbrooke, de rédiger un guide des bonnes pratiques à l'endroit des personnes âgées hospitalisées. L'objectif : « Répérer rapidement les aînés vulnérables de manière à préparer le congé sitôt qu'ils sont admis »

(Source : Le Journal de Québec, 3 mai 2008)

« FAISONS PAYER LES RICHES! »

Au cours des années 70 au Québec, une forte pression des syndicats et des groupes populaires, sur l'élan de la «  révolution tranquille » entraînait toutes sortes de courants de pensées y compris des groupuscules politiques de la gauche communiste. Un de ces groupuscules avait comme slogan : « Faisons payer les riches! »

Alors que les politiciens des oppositions et autres, rappellent constamment que les québécois croulent sous le fardeau des impôts, au Québec comme ailleurs, il arrive que les fiscalistes ou commentateurs économiques se contredisent sur leurs évaluations. Ainsi, récemment, deux fiscalistes de l'Université de Sherbrooke : Luc Godbout et Suzie St-Cerny, publiaient une étude démontrant que le fardeau fiscal des québécois se compare avantageusement avec celui de la moyenne des pays du G7, soit les plus riches du monde.

En réplique, Jean-François Lisée, analyste politique bien connu, nous rappelait que l'inégalité et l'iniquité des revenus continuaient de s'élargir au Québec. Aidées en cela par la mondialisation, les nouvelles technologies et la voracité sans bornes des chefs d'entreprises qui trouvent normal de toucher en moyenne 218 fois le salaire moyen.

Lisée citait en exemple, les amendes. Nous sommes tous égaux devant la justice , mais, comme disait l'autre  : « Il y en a qui sont plus égaux de d'autres ». On sait tous, écrivait-il, qu'au tribunal, celui qui peut se payer un bon avocat connaîtra un meilleur sort.

Pensons contravention, écrivait-il, vous devez 100$ pour un excès de vitesse? Si vous touchez le salaire minimum, il vous faudra 12­­½ heures de travail pour la payer. Si vous gagnez le salaire moyen il vous faudra 6 heures de travail. Si vous êtes parmi les 100 grands chefs d'entreprises canadiens, cette somme vous prive de moins de 2 minutes de votre travail.

Il y a une solution, dit Lisée: aligner toutes les amendes sur le revenu. Une contravention pour avoir grillé un feu rouge? L'équivalent d'une demi-journée de travail. Pour ceux qui croient qu'il s'agit là d'idéalisme, Lisée répond qu'une telle méthode existe en Finlande depuis 1921, en France, en Allemagne et en Grande Bretagne depuis 2 ans.

Aussi, en Suède, vous êtes pris en flagrant délit avec une prostituée? Que vous soyez concierge ou banquier, c'est 3% de votre revenu annuel qui y passe. Ivresse au volant en Allemagne? De 20 à 40 jours de votre revenu annuel. Aux Etats-Unis, plusieurs États testent ce système depuis une quinzaine d'année

L'inégalité fait des progrès. En 1998, les 100 premiers PDG au Canada ne touchaient que 104 fois le salaire moyen . En 2006: c'est 218 fois. Et pendant la même période, après inflation, leurs salaires ont plus que doublé. Le salaire du canadien moyen a légèrement reculé.

L'inégalité fait des progrès.
En 1998, les 100 premiers PDG au Canada ne touchaient que 104 fois le salaire moyen .
En 2006: c'est 218 fois.
Et pendant la même période, après inflation, leurs salaires ont plus que doublé. Le salaire du canadien moyen a légèrement reculé.

Hydro-Québec ne fait pas exception: les 30 premiers kilowattheures consommés chaque jour coûtent le même prix au mécanicien pour sa petite maison qu'au président de banque pour son manoir, sa piscine et

son garage triple chauffés.

Les exemples d'inégalités sont légions. Il y aurait beaucoup à faire pour relier la fiscalité aux revenus, mais pour cela, nous aurions besoin de retrouver quelque part une bonne dose de cet ingrédient non taxable qui s'appelle : « courage politique »

(source : L'Actualité – 15 mars 08 – J.F. Lisée. P. 53)

POURQUOI LES FEMMES ONT-ELLES UNE ESPÉRANCE DE VIE SUPÉRIEURE ?

Par: Gilles Boucher, AQDR MRC Abitibi.

Je présume que je suis le dernier à en faire le véritable constat sur la planète. Le dicton ne veut-il pas qu' « il faut être cordonnier pour être mal chaussé ! » Bref, je constate fréquemment, dans les centres et autres résidences pour personnes âgées où je me rends faire ma musicothérapie active, que je rencontre toujours une population plus féminine que masculine. Vous me direz sans doute que vous le saviez ? D'accord ! Mais saviez-vous, premièrement, que c'est en train de changer ?

Ainsi, selon l'Institut de la statistique du Québec, en 1980-1982, l'espérance de vie d'un homme, à sa naissance, était de 71,18 ans et celle d'une femme de 78,89 ans. L'important ici c'est l'écart de 7,69 ans en faveur de la femme parce qu'en 2004-2006, cet écart n'est plus que de 4,97 ans, toujours favorisant la femme, et ce, à mesure qu'on se rapproche des 80 ans... On verra peut-être pourquoi plus loin.

Voilà une première réalité pour les gens qui sont nés durant les années dont nous avons tenu compte. Mais qu'en est-il de ceux et celles qui avaient déjà 65 ans durant ces mêmes années ? Un homme qui avait 65 ans en 1980-1982 pouvait espérer vivre encore 14,08 ans et une femme 18,70 ans: un écart de 4,62 ans. En 1995-1997, cet écart, toujours favorable à la femme, était de 4,31 ans et n'est plus que de 3,58 ans en 2004-2006. Déduction facile ? L'homme gagne en longévité par rapport à sa compagne si bien qu'on peut s'imaginer qu'un jour ce seront majoritairement des couples que les résidences d'accueil devront être en mesure de recevoir.

Mais la grande question demeure sans doute, chez ces messieurs du moins : «Pourquoi nous survivent-elles encore de façon systématique en 2006 ?» Et la réponse la plus récente nous est offerte par deux sources scientifiques différentes qui estiment que les « télomères » sont l'explication logique.

Risquons un élément un peu plus technique et qui contraindra peut-être à faire un saut dans le dictionnaire ou sur Internet (les deux sources étant précisées en fin de texte) !

Selon « Futura-science », les télomères sont des régions qui constituent l'extrémité de chaque chromosome. Ces répétitions de 5 nucléotides permettent de préserver l'intégrité de l'ADN durant la réplication . Cependant, à chaque division, les télomères rétrécissent. Certains scientifiques ont vu dans ce mécanisme une horloge biologique gouvernant le vieillissement des cellules. Jusqu'à présent, personne n'avait démontré de lien entre les deux phénomènes.

La taille des télomères a été analysée chez 150 personnes âgées de 60 ans et plus. Il est apparu que celles qui possédaient des télomères courts, avaient une probabilité huit fois supérieure de mourir d'une maladie infectieuse et trois fois supérieure, d'avoir une attaque cardiaque.

Selon « Information hospitalière » le secret de l'espérance de vie des femmes ainsi que les faibles risques cardiovasculaires des Français (malgré leur régime riche en cholestérol) pourrait être caché dans une petite portion de leurs chromosomes. Les chercheurs du Centre National de Recherche Oncologique (CNIO) de Madrid ont découvert que […] la différence réside dans la longueur des télomères, qui sont plus longs chez la femme que l'homme, quels que soient les groupes d'âge. Cette propriété se vérifie jusqu'à l'âge de quatre-vingts ans « revoyez le deuxième paragraphe et faites vos déductions » . À partir de là, les télomères des femmes se réduisent plus vite que ceux des hommes. La longueur de cette structure pourrait donc expliquer pourquoi les femmes vivent plus longtemps que les hommes.

Sources :
Institut de la statistique du Québec
www.futura-science.com (dans l'onglet « recherche » tapez « télomères ».
www.informationhospitaliere.com (dans la rubrique « actualité médicale », cliquez sur
« recherche » et inscrivez « télomères » dans la case recherche.

SAVIEZ-VOUS QUE..?

les dépenses publiques de santé sont les plus faibles au Québec

Terre-Neuve
3181$
Ile-du-Prince-Édouard
2732$
Québec
2566$
Ontario
2914$
Manitoba
3256$
Saskatchewan
3203$
Moyenne canadienne
2910$

… la moitié des adultes au Québec ont un revenu personnel inférieur à 20 000$. Ce qui fait que 42% des québécois ne paient pas d'impôt.

… l'AQDR tiendra son assemblée générale annuelle les 3 et 4 juin prochain à Shawinigan, à l'Auberge des Gouverneurs.

… selon un rapport de l'OCDE, les dépenses pharmaceutiques ont augmenté de 5.8% entre 1995 et 2005, ce qui signifie que dans 15 ans, les médicaments vont coûter plus cher que les hôpitaux.

… 42 000 personnes âgées du Québec ne reçoivent pas le supplément de revenu garanti auquel elles ont droit pour la seule raison qu'elles ne l'ont pas demandé.

… le présent bulletin de La Force des Sages entre chez 3 846 personnes le 1 er de chaque mois et que le site web de l'AQDR : www.aqdr.org est largement visité et commenté.

… Au Québec, entre 60 000 et 100 000 personnes âgées sont victimes d'abus ou de négligence. Et que la Commission des droits de la personne est un recours important pour les victimes. www.cdpdj.qc.ca

UN PEU D'HUMOUR

On célébrait leur 65 ième anniversaire de mariage marqué par la fidélité. On a donc demandé au monsieur quel était son secret pour avoir contribué à ce que son mariage ait duré si longtemps :

« C'est très simple » a-t-il répondu :

« Le jour où nous nous sommes mariés, nous sommes partis en voyage de noces, à pied.

Nous avions un âne pour porter nos valises.

Après un bon bout de chemin, l'âne est tombé de fatigue.

Mon épouse s'est placée en face de l'âne, elle a mis la main sur sa sacoche en bandoulière à sa droite et a regardé l'âne dans les yeux et lui a dit : «  Premier avertissement! »

L'âne s'est relevé et a repris sa marche à nos côtés.

Quelques kilomètres plus loin, l'âne a de nouveau croulé sous le poids de nos bagages.

Mon épouse s'est placée en avant de l'âne, l'a regardé dans les yeux, a mis la main sur sa sacoche et a dit :

« Deuxième avertissement! »

L'âne s'est relevé et nous avons poursuivi.

Après quelques minutes, voilà que l'âne se ramasse encore les 4 fers en l'air.

Mon épouse se place devant l'âne, le regarde dans les yeux, sort son pistolet de la sacoche et abat l'âne.

Je l'ai grondée, lui ai dit qu'elle était écervelée d'avoir tué notre âne, que ferons-nous avec les bagages? Etc..

Elle m'a regardé dans les yeux, a mis la main sur sa sacoche et m'a dit : «  Premier avertissement! »

 
Rédaction:
Maurice Boucher  
Correction:
Dolorès Richard  
Conception:
Jean-Guy Racine