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Bulletin électronique mensuel de l'AQDR
numéro 9
août 2007
 

Y A-T-IL UN « LEADER » DANS LA SALLE?

Dans toute organisation, on a besoin, on cherche, on veut avoir un « leader ». Mais pourquoi?

Il semble que le « leadership » soit la qualité la plus recherchée pour le chef qu'on veut dans notre organisation. Mais, quand vient le moment de choisir parmi nous quelqu'un qui prendra le leadership, on a tendance à passer notre tour.

Soyons franc: on a un peu de ça. On se demande si on sera à la hauteur, si ce sera très exigeant ou si ce sera un rôle ingrat parce qu'on nous mettra un poids lourd sur les épaules (surtout s'il s'agit d'un rôle de bénévole)…etc.

Pourtant, il en faut un et, peut-être qu'un de nous émergera en se démarquant comme « leader ».

Dans son dernier numéro de la revue « SOMMETS », l'université de Sherbrooke a évalué le phénomène. Selon le politicologue Jean-Herman Guay, «  La société est aujourd'hui marquée par l'éclatement des valeurs. Difficile dans ce contexte de s'identifier à un seul leader ».

Pour Mario Roy, professeur en organisation du travail; «  Être le meilleur, le seul ou la vedette ne suffit pas: le leader doit nécessairement exercer une influence sociale sur autrui » et il ajoute: « On ne naît pas leader, ce sont les autres qui nous attribuent ce rôle ».

À l'AQDR comme ailleurs, la question du « leadership » est importante, autant dans nos sections qu'au niveau du conseil d'administration national. Généralement, c'est le président ou la présidente qui exerce le leadership mais, attention: il arrive parfois que, le plus naturellement du monde, ce soit quelqu'un d'autre (des membres du c.a.) qui inspire le groupe.

Être le meilleur, le seul, ou la vedette ne suffit pas: le leader doit nécessairement exercer une influence sociale sur autrui.

Si on est capable de mettre l'intérêt politique de côté, cela n'a aucune importance: l'important c'est le résultat.

Dans le monde des aînés, la plupart d'entre nous ont vécu la culture des « boss », des patrons qui commandent, ce qui nous a souvent amené à développer une tendance à confondre « leader » avec « décideur ». Comme l'affirme Mario Roy, « Les cadres et les politiciens ne sont pas tous des leaders. Le pouvoir du cadre lui est attribué par sa fonction alors que celui de « leader » lui est accordé par son groupe, pour ce qu'il est »

« Il n'y a pas, selon les études, de traits de personnalité particuliers qui font que tout un groupe a envie de suivre un individu » ( selon Édith Luc, psychologue et consultante). À ce jour, dit-elle, la recherche n'a pas réussi à développer un modèle de facteurs pouvant prédire l'émergence du leadership dans un groupe ». Mario Roy renchérit en disant; «  Il n'y a pas de caractéristique(s) précise(s) parce qu'il n'y a pas de situation précise »

Certains travaux cependant, retiennent quatre valeurs que l'on privilégie chez un leader et ce, peu importe le contexte: la compétence en lien avec le problème auquel le groupe fait face, l'intégrité ou l'honnêteté, la capacité à bien communiquer et la confiance en soi.

Le professeur Jacques Baronet ajoute la créativité et la capacité d'innovation. Le « leader » est aussi celui qui voit ce que les autres ne voient pas.

DIVORCER APRÈS 60 0ANS D'ÂGE: EXCEPTIONNEL?

Plus maintenant, si on s'en remet à une récente étude démographique. Le nombre de divorces des couples de plus de 60 ans a doublé depuis 1985. D'exceptionnelle il y a 20 ans, la séparation est devenue rare, pas fréquente , puis, occasionnelle. Il ne serait pas surprenant que la tendance s'accélère.

Selon certains gynécologues, sexologues et démographes, voilà une génération qui a tendance à renouer avec sa jeunesse en cherchant un nouvel épanouissement personnel. Les couples ont le sentiment d'avoir fait leur travail de parent (s) et leur position de grands-parents est solide. Le contrat a été honoré.

Peut-on vivre 60 ans ensemble? « Non » répond le psychiatre et thérapeute de couples parisien, Philippe Brenot, parce que, explique-t-il «  le couple subit des forces centrifuges, que les liens affectifs évoluent et que la vie est faite de rencontres ». Et puis, semble-t-il, que la société a évolué. Le mariage, lien social par excellence, ne constitue plus une valeur aussi solide.

Le gynécologue français Sylvain Mimoun soutient que l'ennui est souvent à l'origine de la séparation. « La vie quotidienne devient difficile, indique-t-il, l'homme, une fois à la retraite, se retrouve à la maison, sur le terrain de la femme » Ils ont chacun leurs habitudes, ne rangent pas de la même manière, de sorte que souvent la violence apparaît. Pas seulement la violence physique, mais aussi celle des mots qui s'est banalisée dans le couple » ou encore celle du «  silence » que l'un inflige à l'autre.

L'alcoolisme ou l'infidélité sont d'autres causes de séparation tout comme la sexualité, ou plutôt son absence. «  50% des couples de sexagénaires n'ont plus de relations sexuelles » constate le docteur Brenot.

À 60 ans, la séparation est-elle plus difficile à vivre qu'à 30 ans? Le docteur Brenot affirme que «  le monde adulte se caractérise par la rencontre de la rupture: changement de travail, séparations, déménagements. Quand on a compris que la vie est faite de ces séquences, on accepte plus facilement un divorce ».

À la suite d'une séparation, si les deux époux demeurent seuls, des retrouvailles sont envisageables, après un temps de latence, parfois grâce aux petits enfants. Ces vieux mariés vivent parfois un nouvel amour, «La société, dit le docteur Grenot, accepte qu'on puisse être amoureux à tous les âges. Les plus réticents à ces amours demeurent les enfants. «  Ils n'arrivent pas à accepter que leurs parents puissent avoir une sexualité. »

CONSULTATION PUBLIQUE SUR LES CONDITONS

DE VIE DES PERSONNES AÎNÉES.

" Nous serons à l'écoute des personnes aînées". C'est ainsi que la ministre responsable des aînés, Mme Marguerite Blais, sous-titrait le communiqué de presse du 20 juin, annonçant la consultation publique qu'elle effectuera en septembre et octobre prochain sur les conditions de vie des personnes aînées.

Pour ce faire, la ministre sera flanquée de Mme Sheila Goldbloom, professeure en sciences sociales retraitée de l'Un. McGill et du Dr Réjean Hébert, doyen de la faculté de médecine de l'Un. de Sherbrooke.

La ministre affirme que le premier ministre lui a confié deux responsabilités: 1) Créer les conditions favorisant l'engagement et la valorisation des personnes aînées; 2) Protéger celles qui sont en perte d'autonomie.

Dès le 8 août prochain, à l'occasion d'une réunion du conseil d'administration national, l'AQDR se penchera sur cette question pour se préparer avec les sections affiliées, à mettre au point le mode d'intervention approprié pour cette consultation.

Selon le communiqué de la ministre, il sera, entre autres, question de 3 aspects particuliers: La famille ( les revenus, l'intergénérationnel, les aidants naturels), La société (participation des aînés, âgisme, abus et violence dont les aînés sont victimes) et Les différents milieux de vie ( environnement, transport, vie communautaire, maintien à domicile et résidences publiques et privées).

L'AQDR souhaite, comme l'a exprimé la ministre, que cette consultation soit un exercice qui favorise l'écoute des personnes aînées elles-mêmes et de leurs représentants authentiques plutôt que celle des divers intervenants du réseau de la santé et des services sociaux qui souvent, ont tendance à justifier leur propre travail.

Aussi, en septembre, un mémoire sera présenté par l'AQDR suite à un document transmis à toutes les sections les invitant à donner leur point de vue sur l'ensemble des questions sur lesquelles elles souhaitent saisir la ministre. Les opinions émises par les sections serviront à la rédaction du mémoire.

L'AQDR insistera également pour que le rapport de cette consultation, qui est prévu pour janvier 2008, ne s'ajoute pas aux nombreux autres empilés sur les tablettes empoussiérées de divers ministères. L'évolution de la démographie du Québec exige une attention qui prend un caractère d'urgence pour la prise en charge des conditions de la population vieillissante.

La cécité chez les aînés

"L'AVASTIN": UN REMÈDE MIRACLE!

MAIS, CE N'EST PAS LE CHOIX DE NOS HÔPITAUX.

La DMLA: un grand nombre d'aînés savent de quoi on parle. Il s'agit de "la dégénérescence maculaire liée à l'âge", une affection de l'œil qui se retrouve surtout couramment chez les personnes de 50 ans et plus. La macula est un tissu au centre de la rétine qui permet de voir les détails des choses: on voit bien le livre, mais l'affection de la macula nous empêche d'y voir ce qui est écrit.

Le traitement utilisé dans la plupart de nos hôpitaux est un médicament appelé: " Macugen" qui ralentit la perte de la vision.

Tenez vous bien! Selon un reportage publié par le journal Le Devoir du 7 juillet, ce médicament totalement remboursé par la RAMQ coûte 30 fois plus cher que celui prescrit par les cabinets privés des ophtalmologistes que les patients doivent payer de leur poche et qui s'appelle " l'Avastin".

Pour le Macugen, la Régie de l'assurance maladie verse 8 557 $ par année, alors que pour le traitement avec l' Avastin , il en coûte 250 $, préparation comprise.

À ce compte, au rythme du vieillissement de la population, il y a là une formidable aubaine pour les fabricants de ce produit. Le Dr Mikaël Sebag de la clinique d'ophtalmologie de l'hôpital Notre Dame du CHUM, se dit quelque peu scandalisé d'une telle situation. Il en est de même d'un comité des centres hospitaliers universitaires où dans un rapport préliminaire publié le 7 février dernier, le Dr Sebag croit que l 'Avastin devrait pouvoir être utilisé dans les hôpitaux tout comme il l'est couramment dans les cabinets privés du Québec.

L' Avastin , en plus d'être considérablement moins coûteux, est beaucoup plus efficace que le Macugen. "Avec l'Avastin, dit le Dr Sebag, on fait le traitement et on gagne la vision . Les patients maintiennent un niveau de vision utile et conduisent encore leur voiture. Alors qu'avec le Macugen, on ne peut que ralentir la perte de vision".

Le Dr Sebag trouve la situation totalement " hypocrite" "Nous nous trouvons" dit-il " dans une situation où le médicament est utilité couramment par tout le monde au Québec, alors que dans les hôpitaux, nous sommes incapables d'en faire profiter les patients qui en ont besoin".

Les hôpitaux s'obstinent à refuser l' Avastin qui est supérieur en efficacité et coûte 30 fois moins cher que le Macugen . Est-ce que c'est dû au fait que l 'Avastin est fabriqué pour traiter le cancer du colon?

Il faudrait que les hôpitaux trouvent une autre raison pour justifier une telle anomalie.

(Source: LE DEVOIR, 7,8 Juillet 2007 - Louise-Maude Rioux Soucy)

UN PEU D'HUMOUR

JE CONNAIS CE GARS-LÀ!

Parfois quand je regarde un homme de mon âge, je me dis que je ne peux pas paraître aussi vieux.

J'attendais mon tour dans le cabinet du dentiste. Je regarde son diplôme accroché au mur. En lisant son nom, je me souviens d'un grand jeune homme qui était dans ma classe il y a 30 ans.

Lorsqu'il m'appelle, je regarde attentivement ce vieil homme aux cheveux gris et au visage ressemblant au Grand Canyon et je me dis: " Ah non! ça ne peut pas être lui qui était mon copain de classe! "

Quand il eut fini d'examiner mes dents, j'ose lui demander s'il avait étudié à l'école St-François-Xavier. Il me dit: "Oui."

Je lui demande alors en quelle année il avait eu son diplôme de notre école: "E n 1971" me répondit-il en ajoutant: "Pourquoi me demandez-vous ça? "Eh bien, vous étiez dans ma classe" que je lui dis.

Puis, cet enfoiré m'a regardé attentivement et m'a demandé: "Vous donniez quel cours?"

Articles:
Maurice Boucher  
Correction:
Dolorès Richard  
Conception:
Jean-Guy Racine